Critique – Battleship : coulé

Xeen 11/04/2012 2 Partager sur Facebook
Critique – Battleship : coulé

La Navy américaine en plein exercice dans le Pacifique doit livrer bataille à une armada venue d’ailleurs.

Partant du principe qu’il n’y a aucune raison qu’on ne puisse pas améliorer un bon vieux jeu de bataille navale (je rappelle qu’au départ, deux crayons noirs et deux bêtes feuilles de papier suffisent) en y ajoutant des extraterrestres et Rihanna, Battleship, produit par l’acteur Peter Berg qui réalise ici son premier film de SF, essaie un peu tout à la fois dans cette adaptation pas assez pop corn du jeu d’Hasbro qui co-produit le film. A ce stade, on en arrive à se demander si la prochaine fois Hollywood ne va pas s’essayer à tourner une version 3D du morpion !

Louchant vers un Transformers en pleine mer mâtiné de Skyline, ce Battleship compile consciencieusement les clichés. Le grand frère qui a la tête sur les épaules, l’Amiral inaccessible et grognon, la dulcinée fifille du précédent, etc… vous avez compris qu’il n’y a pas besoin de faire l’ENA pour suivre.

Après une exposition languissante à la Top Gun qui ressemble à une pub de recrutement, il embraie sur ce qui pourrait être n’importe quel film avec Bruce Willis des années 80 ou 90, en mettant en scène un héros malgré lui qui va se trouver confronté à une situation à la Independance Day. Après un défilé d’estropiés (dont un vrai, le colonel Gregory D. Gadson, qui a perdu ses jambes en Irak) et d’anciens (pensez momifiés) de la Marine américaine, s’enchaînent sans à coup séquences choc bourrées d’effets spéciaux très réussis et clins d’œil au jeu.

Comme on est à Hawaï, on s’attend à tout moment à voir apparaître Josh Holloway ou Evangelina Lilly à la recherche d’un vestige du projet Dharma, mais au lieu de cela, c’est Alexander Skarsgård, échappé de True Blood, et Taylor Kitsch (Friday Night Lights), rescapé de Mars qui trustent l’écran.
Si Kitsch ne change pas d’agent, il pourra toujours retourner à la télévision. Je proposerais de lui faire tourner une préquelle de l’excellent Justified, tant sa ressemblance avec Timothy Olyphant est surprenante.
Quant à Liam Neeson, il semble abonné aux rôles alimentaires et joue quasiment en dormant. Côté féminin, l’ancien mannequin Brooklyn Decker fait ce qu’elle peut, c’est-à-dire pas grand-chose. Mais on ne lui en demande pas plus qu’à Rihanna, qui se donne un mal de chien pour faire vivre un personnage sans épaisseur ni dialogue mais semble beaucoup s’amuser.

Heureusement, si on ne fait pas dans la dentelle, on rit beaucoup. Au moins dans la version originale. Battleship est sauvé du néant cinématographique complet par une manœuvre navale que ne vous décrirait pas ici, ce serait dommage que vous ne la découvriez pas en salle. Elle restera certainement longtemps dans l’imaginaire du spectateur lambda comme un modèle du genre.

La musique de Steve Jablonsky (qui avait aussi composé celle de Transformers comme par hasard) porte le film en avant en couvrant des dialogues d’une pauvreté abyssale, toute comme l’excellente bande originale qui comporte un titre écrit par Tom Morello, le guitariste de Rage Against the Machine et une ribambelle de vieux tubes métalleux bien gras.

En revanche, si les aventures sur l’eau vous fascinent, je conseillerais d’aller voir Battleship plutôt que la version en relief de Titanic. C’est bien plus drôle et moins long !

J’oubliais : restez jusqu’à la fin du générique pour la surprise (attendue) concoctée par Hasbro qui semble décidé à capitaliser sur les succès précédents de Transformers et G.I. Joe.

Sortie : 11 Avril 2012
12A | 131 minutes
Distributeur: Universal
Réalisation de Peter Berg
Avec Taylor Kitsch, Brooklyn Decker, Liam Neeson, Alexander Skarsgård, Rihanna

  • Moot

    Juste une remarque Xeen,
    Ce n’est pas le premier film de Peter Berg, il a fait Le Royaume, Hancock, Very Bad Things…
     

    • Xeen

      j’ai rajouté les mots qui manquaient : toutes mes plus plates excuses !