Blanche Neige affronte le courroux de la Reine Ravenna aidée par un chasseur qui s’est rallié à sa cause dans sa lutte pour reconquérir le Royaume de Tabor.
Le metteur en scène britannique Rupert Sanders, plus connu pour avoir réalisé des clips publicitaires dont celui de Halo 3, se lance dans une entreprise de réhabilitation du conte de Grimm avec l’aide de John Lee Hancock (The Blind Side: L’éveil d’un Champion), Hossein Amini (Drive) et Evan Daugherty à l’écriture.
En revisitant le mythe, Sanders n’ignore pas que le projet est forcément casse-gueule. Il n’hésite d’ailleurs pas à émailler son film de divers clins d’œil plus ou moins appuyés (Disney, Miyazaki), fantasmant un Lord of the Ring qui clasherait avec Game of Thrones. L’idée de faire de Ravenna l’héroïne tragique prenait à revers le conte d’origine. Malheureusement, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Si Sanders parvient à capturer l’essence grotesque et magique de l’histoire, il n’a pas l’étoffe de Guillermo del Toro. Bien que son épopée au pays des contes de fée soit visuellement imaginative et très réussie, elle n’en demeure pas moins plombée par un scénario embrouillé et, il faut le dire, assez médiocre en dépit des pointures appelées à la rescousse.
On touche du doigt les possibilités qu’offrait cette re-visitation (qui ne remplit jamais son cahier des charges) d’un conte qu’on connaît par cœur. Brouillon et ennuyeux, le film manque de direction, hésitant sans arrêt entre l’horreur gothique et le merveilleux cul cul, ratant, malgré des effets spéciaux fantastiques (sans jeu de mots) et une photographie sublime, l’opportunité de créer un conte de fée pour le XXIe siècle .
Les acteurs sont livrés à eux-mêmes pendant presque deux heures. Charlize Theron en fait trop en marâtre suintante de jalousie. Si seulement elle arrêtait de crier, on aurait une chance d’entrevoir les nuances du rôle. Sa rivale, Kristen Stewart, manque singulièrement de stature et ne parvient pourtant pas à l’éclipser. Quant à Chris Hemsworth, il fait ce qu’il peut dans un rôle destiné à plus à un mannequin body buildé qu’à un comédien. Même les sept nains interprétés par des pointure du cinéma britannique n’arriveront pas à sauver le film, en outre plombé par le score pompeux et envahissant de James Newton Howard, du naufrage.
Il m’est souvent arrivé de me demander en regardant un mauvais film comment on arrive à financer un tel projet. Blanche Neige et le chasseur réunit tous les paramètres qui auraient dû déclencher les stops. Un scénario foutraque et prétentieux, un casting inepte, un metteur en scène sans expérience. Clairement, ça n’a pas suffit.
A voir si vous avez du sommeil à rattraper.
Blanche-Neige et le chasseur
Sortie : 13 juin 2012
Film de Rupert Sanders avec Kristen Stewart, Charlize Theron, Chris Hemsworth, Sam Claflin, Sam Spruell, Ian McShane, Bob Hoskins, Ray Winstone.
Durée 100 mn
Editeur Universal Pictures International France












