Critique – Hunger Games atteint la cible

Xeen 21/03/2012 0 Partager sur Facebook
Critique – Hunger Games atteint la cible

J’en ai parlé ici même il y a quelques jours, Hunger Games, la première adaptation cinématographique de la trilogie de Suzanne Collins sort sur les écrans français aujourd’hui.
A priori, qu’on ait lu ou pas les romans, le film devrait cartonner au box office. Il a tous les atouts d’un blockbuster et s’est adjoint une comédienne de 22 ans charismatique qui avait d’ailleurs reçu une nomination aux Oscars pour son rôle dans Winter’s Bones.

On a beaucoup vu Jennifer Lawrence depuis deux ans, puisque son nom apparait au générique de X-Men le commencement, du Complexe du Castor et de l’excellent Like Crazy. Elle porte le film de bout en bout et arrive à faire oublier ce qui est moins bon. C’est à dire tout le reste.
Outre Lawrence, la distribution est brillante, sans doute trop. Donald Sutherland, qu’on ne présente plus, Stanley Tucci, Woody Harrelson, Toby Jones, Lenny Kravitz… La présence de ces stars sont de mon point de vue dommageable au film. Car ce qui avait permis par exemple à District 9 de fonctionner, c’était l’absence de tête d’affiche.

Cela dit, les scénaristes, Gary Ross (qui a aussi réalisé le film), Billy Ray et l’auteur elle-même, -qui a assuré l’adaptation de ce premier volet, ont réussi à conserver la critique de société présente dans le roman. Si la fin diffère, on imaginera sans peine qu’il y a en ligne de mire la possibilité d’une franchise juteuse à la clé.
Hunger Games, qu’on a beaucoup comparé à Twilight, va emballer les ados. Mais son héroïne n’a rien à voir avec la fadasse Bella Swan. Téméraire, astucieuse, solitaire, Katniss émerge du chaos couverte de sang, et pourtant, elle n’a pas besoin de l’aide de vampires !
Et si les cohortes qui remplissent les salles pour Twilight sont en majorité féminines (et traînent le petit ami), il y a fort à parier que ces jeux attireront en majorité un public masculin, ce que j’ai pu d’ailleurs constater aujourd’hui lors de la première séance du film à Paris.

Le pitch. Dans une Amérique du Nord décimée par la guerre et la pauvreté, 12 Districts se voient prélevés chaque année un couple d’adolescents offerts en pâture au déchaînement de foules accros à la télé réalité qui se repaissent du malheur des autres. Katniss Everdeen qui décide de se porter volontaire pour épargner sa sœur tirée au sort, va devenir, au centre d’un triangle amoureux (à peine esquissé dans cette première partie), l’héroïne adulée des foules qui a défié le Président Snow.

L’intro, bien qu’un peu longue, zappe des éléments importants de la vie de Katniss. Elle offre cependant une image saisissante du District 12 qui pourrait être en réalité n’importe quelle ville sinistrée du Sud des États-Unis. Choisissant de ne pas raconter l’histoire à la première personne comme le roman, le film de Gary Ross élargit évidemment le champ narratif.

Par souci de dramatisation, certains personnages, comme Seneca (Wes Bentley), se voient dotés de rôles plus conséquents. Mais on conserve le côté à la fois épique et intime qu’on ressentait à la lecture, bien que le roman soit évidemment d’une brutalité graphique sans comparaison avec ce qu’on voit retranscrit à l’écran.
Le but pour ce genre de production, c’est d’attirer le lectorat de base sans grever le film d’une interdiction aux mineurs. Car il ne faut pas quitter des yeux que comme dans Sa majesté des Mouches, on parle d’enfants qui en tuent d’autres…

Hunger Games

Sortie : 21 mars 2012

Film de science-fiction de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Lenny Kravitz, Amandla Stenberg, Alexander Ludwig.

142 mn / Metropolitan FilmExport