Critique – John Carter : ne tirez pas sur l’ambulance

Xeen 07/03/2012 3 Partager sur Facebook
Critique – John Carter : ne tirez pas sur l’ambulance

Les aventures du capitaine sudiste John Carter sur Mars.

Attendue par la geekosphère comme le Saint Graal, cette adaptation plan plan du roman séminal La Princesse de Mars, premier du Cycle de Mars, écrit il y a pile poil un siècle par Edgar Rice Burroughs (qui commit aussi Tarzan), ne casse pas des briques mais remplit son contrat.

Manifestement destiné au jeune public, John Carter, réalisé par Andrew Stanton qui quitte le monde animé de PIXAR (c’était lui Némo, WALL-E, et 1001 pattes) pour le péplum fantastique, et cela quelques mois seulement après Brad Bird [voir ici], démontre que les productions cinématographiques ont déjà emprunté à Burroughs nombre d’éléments familiers du cinéphile de base et ce n’est que justice qu’ils soient enfin rendus à leur auteur de départ.

S’il n’y avait pas eu Avatar, on aurait même pu, dans un moment d’égarement, considérer que ce John Carter était une avancée décisive : l’histoire est d’ailleurs grosso modo la même, un humain propulsé sur une planète inconnue tombe amoureux d’une extraterrestre et finit par se faire accepter des autochtones dont il devient le chef. Les similarités abondent et il devient difficile de savoir qui est l’œuf et qui est la poule : les Jeddaks (Jedi), la manière dont est attifé ce pauvre Charlton Heston dans La planète des singes, les combats à la Gladiator, les vaisseaux du Munchausen de Gilliam, la Princesse scientifique / Hypatia, la lettrée d’Agora, sans compter Dune et Flash Gordon. Les extérieurs filmés en Utah font revenir en mémoire certains westerns mythiques comme Josey Wales, hors la loi ou encore de scènes entières de Star Wars

Le film ne sortira que le 9 mars aux États-Unis, mais déjà les critiques prédisent un échec à la Waterworld à ce film ambitieux mais raté dont le budget pharaonique (250 millions de dollars) fait effectivement craindre le pire. Si les effets spéciaux restent dans la moyenne de ce qu’on peut attendre de ce type de production, l’effet stéréoscopique réalisé en post-production apparaît comme superfétatoire (peut-être cela fonctionne-t-il dans une salle IMAX, mais je l’ai vu en 3D dans une salle “normale”).

Le casting est une compilation de ce qui se fait de mieux à la télévision, avec trois transfuges de Rome (Ciarán Hinds, Polly Walker et l’excellent James Purefoy), Dominic West (Sur écoute), Bryan Cranston (Breaking Bad), et Taylor Kitsch (Friday Night Lights), au patronyme prédestiné, qui retrouve sa partenaire de X-Men Origines : Wolverine, Lynn Collins. Les comédiens, desservis par un scénario insipide et des dialogues atroces, sont interchangeables. Le gros point noir, c’est l’absence totale de second degré et la pointe d’humour qui auraient pu changer la donne. La bonne idée, c’est d’introduire l’auteur E.R. Burroughs en la personne du neveu qui devient le narrateur de l’aventure martienne de Carter, sur le mode emprunté par Wells dans sa Machine à explorer le temps.

Le cadeau bonus, c’est le magnifique score de Michael Giacchino, qui est sans doute ce qu’il a composé de mieux depuis le début de sa déjà longue carrière.

Cela dit, je ne vais pas tirer sur une ambulance. Je ne doute pas une seule seconde que le film marchera. Sa durée ne joue certes pas en sa faveur, mais on ne s’ennuie pas si on se laisse faire. Et il appelle évidemment une suite. Les comédiens ont signé pour 3 films, soit dix ans de gonflette pour Kitsch…

Des fans ont décidé de venir en aide à Disney pour promouvoir leur film. Je vous laisse regarder tranquillement la meilleure, celle du site The John Carter Files.

La bande-annonce maison de Disney.

John Carter

Sortie : 7 mars 2012

Film d’aventure d’Andrew Stanton avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Samantha Morton, Willem Dafoe, Dominic West, Mark Strong, Thomas Haden Church, Ciarán Hinds

Durée : 2h 20 / The Walt Disney Company France