Critique – La Colère des Titans : il y a de quoi !

Xeen 28/03/2012 0 Partager sur Facebook
Critique – La Colère des Titans : il y a de quoi !

Le demi-dieu Persée s’est reconverti en pêcheur après avoir vaincu le Kraken. Zeus, affaibli par le manque de dévotion des humains, essaie d’empêcher Arès et Hadès de libérer le Titan Chronos du Tartare où est emprisonné.

On aurait pu croire que la débandade critique du Choc des Titans de 2009 aurait découragé la Warner de produire une suite, mais il n’en est rien car l’opération s’était au final révélée plus que profitable (493 millions de dollars).

Remplaçant le français Louis Leterrier aux manettes, le réalisateur sud-africain Jonathan Liebesman (World Invasion : Battle Los Angeles) s’attelle à cette tâche titanesque, et s’il y a bien quelque chose qu’on ne puisse pas reprocher à son film, c’est d’aller à 100 à l’heure. Les séquences de bataille sont époustouflantes, les effets et le son très convaincants. En revanche, ça se gâte dès que les héros ouvrent la bouche. On hésite entre éclater de rire ou pleurer. Dieu merci (sans jeu de mots), ils parlent peu.

Apparemment, les portions du script où le spectateur est censé apprendre le pourquoi du comment sont restées sur un disque dur dans la salle de montage. Si le scénario avait bénéficié ne serait-ce que de 5% de ce qu’on consacre aux décors, aux effets spéciaux et aux scènes d’action, on aurait eu entre les mains un film certes divertissant, mais aussi plus intéressant. Si c’est une tragédie, c’est bien celle-là, mais elle n’a rien de grecque !

Le scénario ne semble exister que pour désigner au héros Persée (l’inexpressif Sam Worthington, décidément plus à l’aise dans Avatar) l’ennemi suivant. Cette fonction purement mécanique calquée sur le déroulement du premier jeu de plateforme venu, fait rapidement long feu.

Les seuls points positifs sont la vraie 3D (le précédent opus avait eu droit à une conversion 3D absolument monstrueuse), la dose d’humour et le parti pris fantaisiste qu’injectent Dan Mazeau, David Johnson et Greg Berlanti (guère plus plus inspiré que pour Green Lantern).

La bonne surprise, c’est d’avoir casté l’extraordinaire Bill Nighy dans le rôle d’Hephaïstos. Malheureusement, alors qu’on s’installe confortablement pour regarder la suite qui ne va pas manquer d’être bonifiée par sa présence, le personnage disparait. Neesom, Fiennes et Huston viennent toucher leur chèque, Toby Kebbell se la joue Russell Brand et Rosamond Pike est harnachée pour la suite de Hunger Games. À noter qu’Edgar Ramirez remplace Tamer Hassan dans le rôle d’Arès.

Vous l’aurez compris, Le colère des Titans (titre usurpé car il n’y en a qu’un seul) est un produit calibré pour monter en haut d’un box office olympien, et il n’y aura à n’en pas douter une suite, toute aussi oublieuse de la mythologie, à l’attention des amateurs de films d’action ou des spectateurs atteints d’un trouble de déficit de l’attention.

La Colère des titans

Sortie : 28 mars 2012 / 119 mn – Warner Bros. France

Aventures de Jonathan Liebesman avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Edgar Ramirez, Rosamund Pike, Bill Nighy, Toby Kebbell, Danny Huston.