Tout le monde le savait déjà, je vous le confirme : Prometheus est bien une préquelle d‘Alien. Quel scoop… Des mois d’attente, j’ai envie de dire tout ça pour ça ? Dès les premières images, on a droit à une scène complètement grotesque dans laquelle un Mala’kak se sacrifie pour créer l’humanité…
En fait de nous apporter le Saint Graal, Ridley Scott s’est pris les pieds dans le tapis (et pour George Lucas) et il est parti en vrille dans un délire mystique. C’est simple on se croirait dans Star Trek : le film, sauf que là, malheureusement, on comprend tout. Récit de SF du pauvre, Prometheus déroule sans aucun recul une histoire basique et, il faut bien l’avouer, sans réel attrait. En regard des attentes des fans d’Alien, et surtout à cause de l’orchestration de l’arrivée de ce film qui allait révolutionner le mythe, on ne pourra qu’être déçu car on s’ennuie ferme.
2093. Parti à la recherche des “Ingénieurs”, mystérieux extraterrestres qui auraient créé l’Homme, un bâtiment intergalactique affrété par Weyland Industries bourré de gens de talents, –dont les inventeurs d’une grotte perdue sur l’île écossaise de Skye sur lesquels repose le projet, se rend donc au point d’origine.
Jusque là, on est dans une structure classique à la Alien, rien à redire. C’est un peu lent, pour ne pas dire mou du genou, et on se demande où sont passées les scènes vues et revues sur Internet consacrées à Peter Weyland, le Boss (Guy Pearce). Du coup, ce que fait l’androïde David pendant que tout le monde est en stase n’a plus beaucoup de sens, privé de son référentiel. Que David soit accro à Lawrence d’Arabie tombe complètement à plat, et il se transforme rapidement en sous Wall-E, sauf qu’il est plus joli à regarder. Le seul personnage attachant de l’aventure, c’est d’ailleurs ce fameux David 8 (fabuleux Michael Fassbender), ce qui est probablement un pré-requis voulu par le réalisateur.
Arrivé sur place, le groupe s’égaye immédiatement dans la nature sans prendre les précautions d’usage les plus élémentaires. Et que je t’enlève mon casque, et que je touche à n’importe quoi, et que je me perds en route après avoir quitté le groupe. Il ne faut pas s’étonner que tout parte vite fait en sucette ! En prime, on a le Black de service (Idris Elba qu’il faut absolument que vous voyez dans la série britannique Luther) et Meredith Vickers (Charlize Theron), la propre fille de Weyland (ah ah quelle surprise !) qui veut régler son Œdipe et accessoirement prendre le contrôle de la société. Sort du lot le professeur Elisabeth Shaw, Noomi Rapace (Millenium), qui réussit à tirer de l’ornière son personnage en dépit des casseroles qu’il se trimballe.
Comme de juste, Damian Lindelof (transfuge de Lost qui avait déjà réussi l’exploit de foirer Cowboys et envahisseurs) est derrière ce scénario épatant, sorti tout droit de l’imaginaire d’un pré-ado en hypoglycémie. Ce qui est bien, c’est qu’on connaît déjà la fin au bout d’un petit quart d’heure. Tout est tellement prévisible qu’on en pleurerait presque. Au moins, ça laisse le temps de s’extasier devant les images à couper le souffle et les divers effets spéciaux tous plus invraisemblables les uns que les autres, WETA oblige. De la belle ouvrage. Comme d’habitude, la stéréoscopie n’apporte pas grand-chose, mais ce n’est pas une nouveauté.
Vu les dernières images, on n’est pas sorti de l’auberge car Prometheus n’est que le prologue d’une nouvelle aventure qui ne pourra s’avérer que passionnante. Mais si, si je vous le dis, vous pouvez me croire….
Prometheus
Sortie : 30 mai 2012
Film de Ridley Scott avec Michael Fassbender, Noomi Rapace, Charlize Theron, Idris Elba, Patrick Wilson, Guy Pearce, Rafe Spall, Logan Marshall Green, Willie Andréason.
Durée 123 mn
Editeur Twentieth Century Fox France













Pingback: Quand Joel McHale parodie le robot de Prometheus | Cinéma | Go Geek Yourself