Critique – Sécurité rapprochée : la CIA en Afrique du Sud en 24 heures chrono

Xeen 22/02/2012 0 Partager sur Facebook
Critique – Sécurité rapprochée : la CIA en Afrique du Sud en 24 heures chrono

Tobin Frost, ex-légende de la CIA est passé de l’autre côté du miroir. Traqué depuis dix ans, il refait surface en Afrique du Sud. C’est au rookie Matt Weston qu’échoit la tâche de le protéger.

Daniel Espinosa, avec un film de gangsters digne de la grande époque américaine du film noir (Easy Money – 2010), avait forcément attiré l’œil d’Hollywood. Qu’il ait hérité du scénario de David Guggenheim, longtemps resté dans les cartons des studios, n’est pas forcément une bonne affaire pour l’ancien photographe devenu metteur en scène, mais il s’en tire néanmoins avec les honneurs.

Cette planque (Safe House, son titre original), est plutôt une bonne surprise. Universal cherche manifestement à faire patienter le public avide de revoir un nouveau Bourne dans les salles obscures (Jason Bourne : L’héritage avec Jeremy Renner ne sortira qu’en septembre 2012) et cette série B sympathique fait tout à fait l’affaire.

Renouant avec le cinéma des années 90, Sécurité rapprochée ne s’embarrasse pas de détails ou même d’un scénario. Car l’intrigue tient sur un timbre poste (la C.I.A., c’est mal; tous pourris; le héros malgré lui; le traître est-il un traître ? etc) et on l’a déjà vue partout et souvent. Peu importe. Le suédois s’empare à bras le corps de son sujet, réalisant un thriller burné qui séduit autant par son efficacité que par sa forme, marquée par une esthétique à la Greengrass qu’a sans doute impulsée Oliver Wood, déjà chef op’ de la trilogie bournienne. Couleurs surexposées, contrastes criants, grain prononcé qui disparaissent au fur et à mesure que le filme avance pour se terminer sur une ligne claire dans la dernière scène du film, d’ailleurs complètement inutile.

Qu’on ne se méprenne pas. Si le filme bénéficie d’une sortie en salle, c’est sans nul doute à cause de son casting. L’inoxydable Denzel Washington, qui rajeunit en marchant, et l’étoile montante Ryan Reynolds, plutôt convaincant (pour une fois) dans un rôle qui lui va à la perfection sont tous les deux très crédibles. Dans un second rôle, on reconnaîtra au passage un transfuge d’Easy Money, le suédois Joel Kinnaman (vu à la télévision dans le remake américain de la série danoise The Killing sur Paris Première) et Brendan Gleeson, flic borné dans L’irlandais.

Certes, le film ne révolutionnera pas le genre, mais la maîtrise des scènes d’actions, qu’il s’agisse de poursuites en voiture ou à pied, d’évasion, comme celle du Green Point Stadium, ou d’échanges de coup de feu nourris, est spectaculaire et rappelle le Man on Fire de Tony Scott, ce qui est assez flatteur. On regrettera que l’Afrique du Sud ne soit qu’un joli décor et qu’Espinosa abandonne aussi facilement la critique sociale.

Même si elle ne restera pas dans les mémoires, cette Sécurité rapprochée offre un excellent rapport qualité-prix et fait passer un très bon moment.
C’est toujours ça de pris, non ?

Sécurité rapprochée

Sortie 22 février 2012

Thriller de Daniel Espinosa avec Denzel Washington, Ryan Reynolds, Vera Farmiga, Brendan Gleeson, Sam Shepard, Ruben Blades, Nora Arnezeder, Robert Patrick.

100 mn. Universal Pictures International France