Critique – Young Adult : syndrome de Peter Pan

Xeen 14/04/2012 1 Partager sur Facebook
Critique – Young Adult : syndrome de Peter Pan

Un écrivain de romans pour ados revient sur les lieux de son enfance quand elle apprend que son ex-petit ami est devenu papa. Bien décidée à le séduire, elle s’aperçoit que beaucoup de choses ont changé depuis les années lycée.

Avant d’embarquer sur le Prométhée le 30 mai prochain, Charlize Theron se transforme en paumée proche de la quarantaine pour cette nouvelle collaboration de Diablo Cody et Jason Reitman depuis Juno.

La comédienne excelle dans ce rôle où elle est l’incarnation de la blonde parfaite à qui tout arrive de façon magique sans qu’elle en tire aucun bénéfice.

Nègre d’une auteure à succès dont les romans pour ados à la Gossip Girl sont en passe de devenir obsolètes, l’ancienne prom queen, affublée d’un chien à la Paris Hilton, alcoolique borderline et désespérément seule après un divorce dont on ne saura rien de plus, décide de se comporter comme l’héroïne d’un de ses romans à quatre sous, preuve que a. on ne change pas b. il est difficile de grandir quand on s’accroche à une adolescence fantasmée.

Essayer de décrire le cynisme de l’entreprise du duo s’avérera difficile tant on est aux antipodes du visuel de l’affiche qui annonçait plutôt une romcom basique.

S’enclenche alors une mécanique implacable, dans laquelle on jette pêle-mêle homophobie, suffisance, Minnesota, trou perdu, compil’ dans laquelle le titre de Teenage Fanclub “The Concept” tient un rôle essentiel (“Je ne voulais pas te faire de mal” chante à l’envie le chanteur du groupe), égocentrisme et j’en passe.

Alors que les codes de la comédie romantique nous ont habitués à des retournements de situation imbéciles, Young Adult va au bout de cette logique avec laquelle le cinéma américain s’acharne généralement à nous lobotomiser.
Or, le film colle à la vraie vie ou du moins à une vision plus proche de la réalité, offrant un constat terrible.

Rien de ce que la blonde avait anticipé ne se passera comme prévu.

Le film ne vire pas au comique mais au grinçant. Finalement plus proche du geek du patelin que de l’ancien petit ami casé et pas spécialement cool qu’elle avait l’intention de (re)séduire, Mavis choisit de se rappeler le lycée comme l’apogée de son existence. En dépit des humiliations répétées et de l’incompréhension de son entourage, elle persiste dans son obsession.

Si le film ne ménage ni l’actrice ni le spectateurs, il a le mérite d’offrir un constat honnête. Noir et sarcastique, il va jusqu’au bout, et si on est dérangé de suivre le parcours de cette femme qu’il est impossible d’aimer, on n’en rit pas moins jaune.

YOUNG ADULT (2011)

Sortie : 28 mars 2012

Réalisation de Jason Reitman

Avec Charlize Theron, Collette Wolfe, Elizabeth Reaser, Jill Eikenberry, Mary Beth Hurt, Patrick Wilson, Patton Oswalt, Richard Bekins

Distributeur : Paramount Pictures France

  • Jess30

    C’est plus mauvais film que j’ai jamais vu . Un téléfilm pour M6 à 2h00 du mat